| OCR Text |
Show Cet idéal ne sera parfaitement réalisé que dans des cas exceptionnels. Il nous faudra utiliser comme seul matériel les statistiques officielles établies séparément dans chaque pays. Mais la comparabilité des données recensées est cependant suffisante pour donner une premiére approximation des résultats, et pour permettre de dégager les tendances fondamentales. Les bouleversements nombreux et importants qui se sont produits dans les diverses économies depuis la guerre rendent, d’autre part, hautement souhaitable de pouvoir disposer d’une comparaison, méme imparfaite, des valeurs absolues des salaires : tel est l'objet du présent travail. Avant d’exposer la situation dans les différents pays et les résultats de la comparaison, nous avons a définir l’étendue du champ couvert par la statistique, et le. type d’ouvrier servant de base pour déterminer le salaire moyen. Le niveau moyen du salaire variera suivant que la statistique englobe ou non cipaux que l’on tures, construction, certains des groupes prin- peut considérer : mines, services publics, manufactransports, éventuellement commerce. Remarquons, dés maintenant, que l'industrie des mines est généralement traitée 4 part; le mode et le niveau des rémunérations y sont d’ailleurs souvent trés différents de ce qu’ils sont ailleurs. Dans notre étude, nous avons toujours considéré les salaires de l’ensemble de l’industrie, a la seule exclusion de ceux des mineurs. On. peut distinguer différentes catégories d’ouvriers d’aprés le sexe du travailleur, son age, son degré de qualification. Pour ne pas compliquer analyse, nous n’avons retenu que les deux premiers critéres. Il est toutefois évident, étant donné le nombre relativement restreint de femmes et de jeunes occupés, que la comparaison internationale des salaires féminins ou des salaires des jeunes n’est guére intéressante pour l'ensemble de |l’économie. Par contre, le salaire du travailleur masculin adulte est d’une signification incontestable parce qu'il s’agit, du point de vue industriel, du salaire le plus typique et du point de vue social, du revenu du chef de famille. A partir de ce salaire, les différentes moyennes représentatives que l’on peut déduire seront donc les suivantes : travailleurs masculins adultes; tous les travailleurs adultes; tous les travailleurs masculins; tous les travailleurs sans distinction d’A4ge ni de sexe. Rappelons enfin qu'il ne suffit plus de suivre l’évolution du gain brut pour analyser l’incidence du coat de la main-d’ceuvre dans les entreprises; on doit tenir compte également des charges patronales en matiére de sécurité sociale qui, en France par exemple, s’élévent actuellement presque 4 40 % du salaire. La recherche des différentes moyennes de salaires, — charges sociales comprises, — en valeur absolue, aura pour but de déterminer quel est, du point de vue du cotit de la main-d’ceuvre, la situation respecz live de la Belgique et des pays voisins, bouleversements dus & la guerre. suite aux L’analyse des données Nous examinerons successivement pour chaque pays les données existant en matiére de salaires bruts en 1938 et au quatriéme trimestre de 1949. Mil neuf cent trente-huit est la seule année d’avant guerre pour laquelle on dispose de chiffres pour chacun des pays considérés. Dans chaque cas, un tableau eroupera les renseignements obtenus, y compris l’estimation des salaires, charges sociales incluses, ef la traduction de ces données en francs belges (°). 1. Lrs SALAIRES a) DANS LES DIFFERENTS PAYS Belgique Pour l’avant-guerre, nous avons utilisé les résultats du recensement économique et social de 1937, donnant les salaires masculins et féminins de la derniére paie de février de celte année-la. Malgré ses imperfections, —- notamment 1|’étroitesse de la période de base, —- ce recensement constitue le seul relevé suffisamment large pour permettre une comparaison avec les données disponibles pour l’aprés-guerre. Pour tenir compte de l’évolution des salaires entre février 1937 et octobre chiffres de 1937 d’un 1938, nous avons coefficient égal eee affecté les , tradui- sant l’évolution de l’indice des salaires calculé par la Banque nationale sur base de la moyenne 19361938=100. Encore une fois, malgré la disparité des sources, cette méthode est la seule qui permette une comparaison. Cet indice est l’indice trimestriel des salaires horaires, tenant compte des éléments tels que majorations pour heures supplémentaires, heures de nuit, travail du dimanche, primes et surprimes, etc. Pour l’aprés-guerre, les statistiques trimestrielles élaborées par ]’Office national de la sécurité sociale fournissent la valeur des salaires moyens masculin et féminin. Les derniéres données connues datent du troisiéme trimestre de 1949; il semble d’ailleurs que les salaires n’aient pas subi depuis lors de variations importantes. Avant comme aprés guerre, les statistiques donnent le relevé des travailleurs de chaque sexe; il est donc aisé de déterminer le salaire moyen pondéré de tous les travailleurs. faite suivant Par contre, aucune distinction n’est lage. (1) Les cours des changes utilisés pour l’avant-guerre sont les cours officiels moyens 4 Bruxelles en 1938. Pour l’aprés-guerre, les cours sont ceux donnés par la Banque’ nationale de Belgique postérieurement 4 septembre 1949, |